![]() |
|
L'envol |
![]() |
Lorsque
l'âme dérive, jusqu'aux confins de l'imaginaire, là où
se fondent les rêves et leurs aspirations secrètes, enfouis jusqu'aux
tréfonds de notre moi profond, la peur surgit
Quel
visage aura l'avenir ? De quoi sera-t-il fait ? Sera-t-il possible encore de vivre
une fin d'existence heureuse ? Cette détresse, depuis trop longtemps accumulée,
concédera-t-elle à nous autoriser enfin à connaître
la paix ? Nous permettra-t-elle de réaliser nos légitimes souhaits,
de ceux qui nous portent vers des horizons nouveaux, d'autres espérances,
avant que ne s'installe le renoncement ?... Vieillir trop vite,
sans avoir pu apporter l'ultime touche qui parachève l'harmonie
de toute vie personnelle, voilà le challenge qu'il nous faut
relever, que je me dois d'affronter. Tel cet aigle majestueux, survolant
Les Rocheuses aux neiges éternelles, libre comme l'air qui
le porte comme un puissant courant chargé d'espoir et de liberté,
il me plait à croire que j'en serai capable. Que j'en aurai
le courage, et la force, avant que mon regard ne se ferme à
jamais sur les beautés du monde qui m'entourent. Me voici prisonnier
d'un carcan invisible, pétri de principes sacrosaints auxquels
l'on ne peut échapper sans en éprouver le douloureux
chagrin. Faire le mal alors que votre être tout entier n'a fait
montre que de bonté, de don de soi, de labeur, d'amour aussi,
et qu'il faut mettre pêle-mêle dans la balance du bonheur.
Voila le prix qu'il me faudra consentir à payer à ce
destin facétieux qui crucifie l'humain que je suis. Rien n'est acquis ici-bas, puéril serait le fait de le croire. Tout se règle au prix des larmes et du sang, parfois. Les cimetières sont habités d'âmes innombrables dont la "faucheuse" a réclamé son dû. Rêves à jamais brisés, alors que tout était encore possible. Je ne veux pas sombrer comme elles sans me défendre. Sans rendre coup pour coup à cette monstruosité qu'est le déclin. Ô destinée, écoute mes prières et fais de moi un homme comblé, afin qu'au terme de celle-ci je ne regrette rien de mon passage en ce monde. Guy
Vigneau |