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Voyage |
Une fois la décision prise, les formalités réglées, qu'il est bon de prendre place à bord d'un vol vers n'importe où. De se dire que tout va basculer dans quelques heures. L'envol vers ailleurs. Un monde nouveau, assurément enchanteur. L'âme en quête de sérénité se réfugie alors dans la bienheureuse attente des instants à venir. Sensation d'euphorie
où tout s'amalgame entre ce qu'on laisse derrière soi et cet inconnu
qui est à découvrir. Rêveries
auxquelles on n'osait songer auparavant. Départ vers des îles vierges
de modernité, du moins parfois, comme un retour aux sources. Découvrir
des senteurs nouvelles, inconnues, ainsi que la magique palette de couleurs irisées
de turquoise des lagons bordés de corail. Les teintes incroyables de l'onde
toute proche où tout ce côtoie en somptueuse harmonie. Pastels naturels
incomparables, irréels, dont le regard ne peut que se repaître et
l'esprit se nourrir. Végétation
sans cesse sublimée par des climats tropicaux. Ambiance enchanteresse au
cur de ces paradis terrestres bordés du grand bleu des vastes étendues
océanes. L'infinie variété de la flore et de la faune locale.
De celles que l'on découvre au hasard d'excursions et qui laissent le globe-trotter
contemplatif, à la condition qu'il perçoive l'authentique valeur
des spectacles incomparables offerts par la nature. Tout n'y est que beauté. Surprenante
mosaïque de pigments de peau, de races cohabitant sans nul souci à
l'inverse des mouvances de nos vastes métropoles. Regards rayonnants d'autochtones
enjoués devant nos airs abasourdis. Amabilité légendaire
face à nos comportements pressés, exigeants, d'humains habitués
à un mode de vie totalement différent. Ici, ou là, tout est
serein, paisible à souhait. Sereine existence ralentie, jusqu'à
en être communicative au bout de quelque temps. J'imagine alors aisément les aventuriers du temps jadis, laissant mon âme de poète courir sur les vastes étendues océanes et redonnant vie aux fiers galions d'autrefois chargés lourdement d'épices et s'aventurant sur les dangereuses voies maritimes de la Compagnie des Indes. Des
escales aux noms enchanteurs tels que, Chandernagor, Pondichéry, tant elles
ont rehaussé les lectures de mon enfance. Pirates, Corsaires et autres
maîtres des océans, parcourant le globe et s'instaurant découvreurs
de nouveaux mondes mystérieux et riches
Comment, dès lors,
ne pas leur rendre hommage en pensant à eux ?
Je revois sans peines, les yeux fermés, le vol aisé des infatigables frégates et autres albatros, tous fidèles compagnons de voyage des marins audacieux d'antan. Qu'il dût être bon, au terme de leurs fabuleuses courses navales, de mettre pied sur les plages de sables d'or et d'embrasser du regard ces merveilleuses îles inviolées. Mais de tout cela, bien peu en verront les traces de ce glorieux passé... Guy Vigneau |