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| La
colère d'un homme |
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Celui qui contemple le monde ne voit que sa beauté extérieure, tant sa nature est splendide et le reflet qu'elle nous offre, fascinant L'envers du décor, assurément, est tout autre À tous ceux qui sont aveugles et sourds, aux souffrances des peuples, je veux hurler ma peine et faire entendre mon courroux. Il n'éradiquera pas les fléaux de notre humanité décadente, mais soulagera ma conscience d'homme libre et respectueux de la vie, sous toutes ses formes. À vous donc fiers samouraïs, au courage légendaire, venus de l'empire du soleil levant, il n'est pas nécessaire de dévorer à belles dents ces merveilleux et inoffensifs cétacés, qui peuplent nos océans, pour acquérir quelque hypothétique source de jouvence Lorsqu'ils ne seront plus, vers qui tournerez-vous votre insatiable et stupide appétit ?... À vous, hommes issus du pays du matin calme, dont le bel ouvrage bâti à force de courage ne se voit en entier que de la voute céleste, il n'est pas utile de rechercher cette éphémère vigueur au travers de mets confectionnés à base d'organes reproducteurs Ils appartiennent aux tigres du Bengale, entre autres, magnifiques félins dont l'espèce est menacée et chassés par des braconniers à la solde du démon qui vous soudoie, afin d'emplir vos assiettes À vous, chasseurs sanguinaires de bébés phoques, il serait bon que l'on vous clouât au pilori, dressé par des âmes vengeresses, afin que l'on vous appliquât d'identiques souffrances Oui, honte à vous, misérables lâches, de massacrer ainsi les innocents bébés d'une nature, par trop candide et qui vous donne sans compter ce qu'elle a de plus beau, de plus universel, la vie Malheur à vous, minables collecteurs assassins, qui vous acharnez avec tant de cruauté sur les majestueux éléphants peuplant les vastes étendues sauvages des plaines du Tsavo, alors que les fins Massaïs savent mieux que vous gérer leurs cheptels. Que d'ivoires arrachés au prix du sang et vendus aux trafiquants sans scrupules, vous faisant miroiter fortune Que dire de vous, pollueurs impénitents de nos océans, pour lesquels aucune bassesse ne vous arrête. Continuant inlassablement à déverser vos immondices et vos liquides nauséeux, qui viennent polluer nos côtes et nos rivières. Point de cas de conscience pour vous et faisant fi de toutes règlementations internationales, vous persistez à détruire peu à peu les merveilleuses richesses que renferment les étendues océaniques de notre planète À
vous, qui ravagez l'admirable forêt d'Amazonie, dont la formidable pharmacopée
n'a d'égal que sa rareté, tremblez que le poumon d'air pur qu'elle
représente ne s'essouffle à jamais
À
vous, surtout, arrogants gouvernants des nations du globe, défenseurs hypocrites
de vaines démocraties, cruels tyrans et roitelets avides de pouvoir, tous
à la solde de démons obscurs, cessez de fabriquer et de vendre vos
armes de destruction, par le biais de puissants lobbies
Que dire de vous, hommes d'Orient, trouvant normal d'emprisonner sous voile celle pour qui votre cur devrait battre d'un indicible élan passionné, digne des plus belles histoires d'amour de vos mille et une nuits Savez-vous, finalement, ce qu'est l'amour ? Le véritable, bien sûr ! Pas celui que vous imaginez Celui que l'on écrit avec un grand "A" et qui, pour elle, se transformerait en une merveilleuse existence, comme une douce harmonie J'en viens à vous, seigneurs de guerre bardés d'infamie, adeptes de la corruption et pleutres au point de livrer à la mitraille des enfants-soldats tout juste pubères. N'ayant pour vision du monde dans lequel ils ont pris pied, que larmes, tortures et staccatos d'armes à feu, ainsi que les pleurs déchirants de leurs familles éradiquées sur l'autel de la honte. Malheureux peuples que l'on persécute pour des diamants couleur de sang celui des innocents que vous menez à cet échafaud digne de notre effroyable révolution passée À vous, employeurs infâmes, qui assassinez l'enfance par les travaux forcés que vous imposez aux enfants-ouvriers à travers le monde. Misérable jeunesse, broyée, écrasée sous la charge de labeurs dont vous-même ne pourriez tenir l'infernale cadence Enfants perdus, égarés, livrés à vos ignominieux tas d'ordures afin d'y quérir une pitance, si écurante, que seuls les rats y trouvent leur comptant. Frêles silhouettes désemparées, aux corps souillés d'infamie, errant au cur d'une civilisation se voulant moderne et qui n'en est qu'au moyen âge Que penser de vous tous, abjects pédophiles qui, sous couvert de déviances éhontées, violez et ôtez la vie de jeunes êtres innocents. Réduisant à néant leurs existences à venir en plongeant dans un chagrin, incommensurable, leurs familles Seule la mort la plus atroce pourra vous empêcher de recommencer pareille ignominie et protègera enfin la société de toutes rechutes, aussi inévitables qu'intolérables Honte
à vous enfin, chanceux habitants de nos nations fortunées, qui pleurez
sans arrêt la bouche pleine, sous prétexte d'être spoliés,
d'en vouloir toujours plus, jusqu'à l'indécence. À vous tous,
protestataires impénitents, je conseillerai vivement d'effectuer un périple
initiatique en Inde, au Darfour, au Biafra, au Sahel, en Asie, en Amérique
du Sud et dans une multitude effarante de pays au bord de l'apocalypse humaine
Là, vous verrez ce qu'est la souffrance ! Ce
qu'est l'inconfort, la survie, la déchéance, la vermine, les maladies
épouvantables et toutes ces horreurs que votre bonne conscience vous interdit
de voir
Pour continuer à vivre sans se poser les questions qui dérangent,
qui feraient que votre vie deviendrait d'un seul coup un tel enfer, que vous n'auriez
d'autre échappatoire que le suicide
alors qu'eux, luttent dignement
pour avoir le droit de vivre, tout simplement
Imaginez cela et vous verrez
où vous en êtes
Mille pardons à tous les opprimés, les misérables, les innocents, les bannis de nos sociétés décadentes, les parasites de notre humanité, les pauvres hères voués à une vie de malheur, de chagrin perpétuel et dont j'ai omis de révéler les souffrances. À ceux-là, qu'ils sachent qu'ils ne perdent rien pour attendre. Un jour, encore trop lointain sans doute, les forces de la nature feront l'arbitrage universel entre les peuples. Les migrations du chaos déferleront alors vers les nations oublieuses et forceront les peuples du globe à devenir solidaires. Mouvements, ô combien salvateurs, que les religions n'ont su mener à bien, trop occupées qu'elles sont, sans doute, à asseoir leurs souveraines puissances, d'accumuler, encore, leurs insolentes richesses. Il est vrai qu'il faudra du temps, certes, tant l'indifférence est immense Seules, d'inévitables alliances seront à même de placer les puissants de ce monde barbare et en péril, face à leurs responsabilités afin d'éviter le carnage humain que nous voyons grandir chaque jour Fin Guy
Vigneau |