Les frondaisons me révèlent
sa présence,
Tant son règne souverain est omniprésent.
Ses teintes magiques, subtiles d'apparence,
Se sont imposées au regard, subrepticement.
Feuillaisons pastel, irisées
de rouge incarnat,
D'ocres variés, de jaunes citronnés, de verts,
Tous plus tendres et foncés, aux tons délicats,
Formant en ces futées un merveilleux univers.
Telle la palette d'un peintre facétieux,
rêveur,
L'automne m'offre la somptueuse récompense
D'une symphonie de couleurs irréelles de douceur
Où le regard se perd, l'odorat s'enivre d'essences.
Soudain, le brame d'un cerf résonne,
puissant,
Tandis que l'alouette pousse sa romance joyeuse.
Les senteurs sont lourdes, les feuillages bruissant
De mille petits bruits, d'une vie bienheureuse.
Mes pas se font légers, transporté
que je suis
Par le charme absolu qui imprègne ces lieux.
Lutin, farfadet, on pourrait s'y attendre et puis,
Le rêve cesse pour faire place au monde sérieux.
Bientôt nous plongerons dans
les froides ténèbres,
Les chênes-lièges perdront leurs sublimes parures,
Les frênes, hêtres, bouleaux et sauvages mourvèdres,
Dépouillés, revêtiront de blanc leurs frêles
ramures.
Guy Vigneau
NB: Le vers "Bientôt nous
plongerons dans les froides ténèbres"
Est issu du poème de Charles Baudelaire "Chant d'automne"
Et imposé pour le concours de poésies proposé par
"L'atelier poétique"
Poème lauréat du deuxième prix.