Mouvance
liquide, qu'au loin j'aperçois,
Fascinante et irrésistible, invite
à la rêverie,
Ô, onde troublante, qui provoque mon émoi,
Amante
cruelle, qui, de marins prend la vie
Tu
imposes continûment ton rythme puissant,
Faisant naître d'inlassables
vagues perpétuelles
Qui déferlent sur tes lointains rivages,
bruissant,
Baignant d'eau cristalline leur beauté irréelle.
Mon
âme, bercée au renouveau de tes marées,
Cherche auprès
de toi, l'évasion et la passion,
Que m'inspire l'attrait de tes lascives
vahinés,
M'invitant à rejoindre leurs lointains horizons.
Pour
les aimer, je braverai les fortes tempêtes,
Que tu soulèves, lorsque
tu te mets en colère,
Risquant ma vie tourmentée, le cur
en miettes,
Afin de quérir, auprès d'elles, un amour adultère.
Contre
vents et cataclysmes, je m'aventurerai,
Tel un intrépide navigateur,
courant sur tes flots,
Tenant bon le cap et la barre, je m'accrocherai,
Guettant
les signes annonciateurs des brûlots,
Qu'allumeront,
pour me guider, les belles fleuries.
Je pressens déjà leur présence,
escorté de frégates,
Me grisant à l'avance de leurs troublantes
poésies,
Auxquelles je répondrai, les amusant de mes régates.
Hardi
galion, qui m'emporte vers cette délivrance,
Je larguerai de ton bord
les innombrables souvenirs
De ceux qui me saluaient du pont de Recouvrance,
Attristés,
assurément, de ne plus me voir revenir
Guy
Vigneau