Ile
de Pâques :
Figées, telles de nobles sentinelles immuables,
Gardiennes
de secrets venus du fond des âges
Et vestige minéral d'une époque
mémorable,
Les statues de pierre veillent sur leur rivage.
Fleurs
:
Délicates, elles exhalent leurs capiteux délices
Afin
que nul n'ignore leurs somptueuses parures,
Ces belles parfumées offrent
de généreux calices
Aux regards avides de leurs soyeuses cambrures.
Amour
:
Le regard éperdu de ton immense amour
Pose
sur moi de merveilleuses promesses
Afin que demeure en moi et pour toujours,
Ce
désir fou de toi, dont je n'aurai de cesse.
Ti
paille-en-queue :
Les voiliers blancs de nos rocheux
paysages
Volent à l'appel du large vers d'autres horizons,
Emportant
sous leurs ailes au délicat plumage
Le souvenir de mon ile aux fruits
de la passion.
Naissance
:
Comme j'aime à ressentir en mon sein
Le merveilleux
fruit conçu à ton retour,
Comblant l'être de chair que tu étreins
D'une douce promesse d'éternel amour.
Désir
:
Le délicat ballet de tes doigts fins et experts,
Explorant
mon corps, fait sourdre en moi
Une vague de fond, dont tes yeux gris verts
Scrutent
les prémices que révèle mon émoi.
Passion
:
Le désir de toi brûle les fibres de mon
corps,
Faisant surgir en lui de folles espérances,
Alors que mon
esprit dépendant essaie à tort
De lutter lorsque surgit enfin
la délivrance.
Jardin
secret :
Il est des lieux où ne pousse aucune
fleur,
Où seul le rêve trouve un heureux réconfort,
Emplissant
ainsi d'espoirs et de douceur,
L'esprit de celui qui aspire à trouver
l'essor.
Folle
jeunesse :
De nos années passées, en l'époque des
moissons,
Quand nous courions vers les feux de la Saint-Jean,
Ne subsiste
que le doux souvenir de cette passion
Qui faisait vibrer, à l'unisson,
nos curs d'enfant.
Souvenirs
:
Tu m'attendais, blottie au creux des pages,
Lorsqu'à
ta vue mes yeux se sont brouillés
Ravivant en moi un flot nourri d'images,
De
souvenirs, que j'avais presque oubliés.
Les
roses :
Belles et parfumées, accompagnant ton
message
Auquel mon cur battant et plein d'amour répond,
Malgré
les larmes de joie glissant sur mon visage,
Tes fleurs éveillent en
mon corps de doux démons.
Révélation
:
L'amour que je te porte touche à l'irrationnel,
Tout
comme cet irrésistible désir que j'ai de toi
Et qui consume mon
âme d'un feu si passionnel,
Si intense, que je ne puis plus masquer mon
émoi.
Romance
:
Le chant de tes paroles résonne à mes
oreilles,
Tel un hymne à l'amour, une exaltante mélodie
Au
son de laquelle mon corps cède et appareille,
Vers des horizons nimbés
de félicité et d'harmonie.
Chagrin
:
Sur cette haie couverte d'épines vengeresses
Je
blesserai ma chair de griffures mortifiantes,
Aussi sûrement que sourd
en moi la détresse
Et l'infinie douleur de ta perte déchirante.
L'album
:
Refuge précieux de nos témoignages d'antan,
Où
dorment des photos de visages d'enfants,
Il recèle en ses feuillets
jaunis par les ans
La mémoire intacte de nos jeux insouciants.
Lettre
du front :
L'espoir de revenir un jour vers toi hante
mes songes,
M'apportant la force d'endurer l'enfer des combats,
Telle une
âme perdue, subissant le mal qui la ronge
Et me donne le courage lorsque
je souffre et me bats.
Ravissements
:
Douce farandole des sens qui m'emporte
Vers les
rivages du plaisir où je sombre,
Telle une hétaïre douée
je me comporte
Dévorant mes amants en grand nombre.
Coquelicot
:
Rouge comme ta somptueuse corolle,
Délicat de port alors
qu'il te fait roi,
Évanescent et fragile comme luciole,
Tu t'évanouis
dès que vient le froid.
Douleur
:
Cruelle comme celle qui ronge mon cur,
Consumant
mon être et dévorant mon âme,
Elle incarne le crépuscule
de notre bonheur
Changeant notre amour en un terrible drame.
Désillusion
:
Toi, que j'ai déçue au point de non-retour
Et
qui condamne en ce jour mon incartade,
Sache qu'en mon cur et sans autre
détour,
Demeure le souvenir d'une belle escapade.
Plénitude
:
Douceur du soir, à l'heure où tombe la
fraîcheur,
Rêverie d'un fugace instant, dont j'aime à goûter,
Sans
retenue, les exhalaisons délicates des fleurs
De cette terre bénie
que je me surprends à aimer.
L'aveu
:
À ton approche, mon cur chancelle,
Victime
d'un vertige où mes sentiments
Te révèlent, par d'ardentes
prunelles,
Combien je suis épris de toi, infiniment.
Voyage
:
À toi, Venise éternelle, citée
flamboyante,
J'avoue cette passion qui berce mon âme
Comme nulle autre
splendeur rayonnante,
Au contact de laquelle mon regard se pâme.
Ivresse
:
Exaltation des sens au contact de ta peau
Dont je
parcours les délicates courbures,
Dégustant à l'avance
la douceur de l'étau
De tes jambes ornées de soyeuses guipures.
Guy
Vigneau