Ecriture Passion...

 

 

 

 

Quatrains

 

 

Ile de Pâques :
Figées, telles de nobles sentinelles immuables,
Gardiennes de secrets venus du fond des âges
Et vestige minéral d'une époque mémorable,
Les statues de pierre veillent sur leur rivage.

Fleurs :
Délicates, elles exhalent leurs capiteux délices
Afin que nul n'ignore leurs somptueuses parures,
Ces belles parfumées offrent de généreux calices
Aux regards avides de leurs soyeuses cambrures.

Amour :
Le regard éperdu de ton immense amour
Pose sur moi de merveilleuses promesses
Afin que demeure en moi et pour toujours,
Ce désir fou de toi, dont je n'aurai de cesse.

Ti paille-en-queue :
Les voiliers blancs de nos rocheux paysages
Volent à l'appel du large vers d'autres horizons,
Emportant sous leurs ailes au délicat plumage
Le souvenir de mon ile aux fruits de la passion.

Naissance :
Comme j'aime à ressentir en mon sein
Le merveilleux fruit conçu à ton retour,
Comblant l'être de chair que tu étreints
D'une douce promesse d'éternel amour.

Désir :
Le délicat ballet de tes doigts fins et experts,
Explorant mon corps, fait sourdre en moi
Une vague de fond, dont tes yeux gris verts
Scrutent les prémices que révèle mon émoi.

Passion :
Le désir de toi brûle les fibres de mon corps,
Faisant surgir en lui de folles espérances,
Alors que mon esprit dépendant essaie à tort
De lutter lorsque surgit enfin la délivrance.

Jardin secret :
Il est des lieux où ne pousse aucune fleur,
Où seul le rêve trouve un heureux réconfort,
Emplissant ainsi d'espoirs et de douceur,
L'esprit de celui qui aspire à trouver l'essor.

Folle jeunesse :
De nos années passées, en l'époque des moissons,
Quand nous courions vers les feux de la Saint-Jean,
Ne subsiste que le doux souvenir de cette passion
Qui faisait vibrer, à l'unisson, nos cœurs d'enfant.

Souvenirs :
Tu m'attendais, blottie au creux des pages,
Lorsqu'à ta vue mes yeux se sont brouillés
Ravivant en moi un flot nourri d'images,
De souvenirs, que j'avais presque oubliés.

Les roses :
Belles et parfumées, accompagnant ton message
Auquel mon cœur battant et plein d'amour répond,
Malgré les larmes de joie glissant sur mon visage,
Tes fleurs éveillent en mon corps de doux démons.

Révélation :
L'amour que je te porte touche à l'irrationnel,
Tout comme cet irrésistible désir que j'ai de toi
Et qui consume mon âme d'un feu si passionnel,
Si intense, que je ne puis plus masquer mon émoi.

Romance :
Le chant de tes paroles résonne à mes oreilles,
Tel un hymne à l'amour, une exaltante mélodie
Au son de laquelle mon corps cède et appareille,
Vers des horizons nimbés de félicité et d'harmonie.

Chagrin :
Sur cette haie couverte d'épines vengeresses
Je blesserai ma chair de griffures mortifiantes,
Aussi sûrement que sourd en moi la détresse
Et l'infinie douleur de ta perte déchirante.

L'album :
Refuge précieux de nos témoignages d'antan,
Où dorment des photos de visages d'enfants,
Il recèle en ses feuillets jaunis par les ans
La mémoire intacte de nos jeux insouciants.

Lettre du front :
L'espoir de revenir un jour vers toi hante mes songes,
M'apportant la force d'endurer l'enfer des combats,
Telle une âme perdue, subissant le mal qui la ronge
Et me donne le courage lorsque je souffre et me bats.

Ravissements :
Douce farandole des sens qui m'emporte
Vers les rivages du plaisir où je sombre,
Telle une hétaïre douée je me comporte
Dévorant mes amants en grand nombre.

Coquelicot :
Rouge comme ta somptueuse corolle,
Délicat de port alors qu'il te fait roi,
Évanescent et fragile comme luciole,
Tu t'évanouis dès que vient le froid.

Douleur :
Cruelle comme celle qui ronge mon cœur,
Consumant mon être et dévorant mon âme,
Elle incarne le crépuscule de notre bonheur
Changeant notre amour en un terrible drame.

Désillusion :
Toi, que j'ai déçue au point de non-retour
Et qui condamne en ce jour mon incartade,
Sache qu'en mon cœur et sans autre détour,
Demeure le souvenir d'une belle escapade.

Plénitude :
Douceur du soir, à l'heure où tombe la fraîcheur,
Rêverie d'un fugace instant, dont j'aime à goûter,
Sans retenue, les exhalaisons délicates des fleurs
De cette terre bénie que je me surprends à aimer.

L'aveu :
À ton approche, mon cœur chancelle,
Victime d'un vertige où mes sentiments
Te révèlent, par d'ardentes prunelles,
Combien je suis épris de toi, infiniment.

Voyage :
À toi, Venise éternelle, citée flamboyante,
J'avoue cette passion qui berce mon âme
Comme nulle autre splendeur rayonnante,
Au contact de laquelle mon regard se pâme.

Ivresse :
Exaltation des sens au contact de ta peau
Dont je parcours les délicates courbures,
Dégustant à l'avance la douceur de l'étau
De tes jambes ornées de soyeuses guipures.

Guy Vigneau