Ecriture Passion...

 

 

 

Les ombres de l'Amazonie

 

Résumé :

Elles hantent les rives des eaux blanches de l'Amazone, au cœur de la plus merveilleuse forêt qui verdoie sur la surface de notre planète. Depuis la chute du grand Empire Inca, elles subsistent en totale autarcie, certes, mais avec courage et pugnacité. Elles relèvent à chaque instant le défi du temps, ainsi que celui de la pérennité de leur histoire, qu'elles assument avec une courageuse abnégation.

Depuis l'aube des temps anciens, leur symbiose avec la nature, qui les protège et les nourrit, atteint la perfection au point qu'elles en deviennent diaphanes alors que leurs fantômes revêtent des apparences fantasmagoriques pour les humains que nous sommes…

Rares sont ceux qui purent les apercevoir… Ramsa Koulam est de ceux-là…
Lui, qui fut élevé depuis son plus jeune âge dans la tribu des Yanomamis, est devenu le guide spirituel des dernières ethnies amérindiennes vivant au cœur de l'immense forêt. Ardant défenseur de leurs us et coutumes et interprète de leurs légendes mystérieuses, il revêtira pour vous, si vous décidez de l'escorter, à vos risques et périls, l'apparence de Nonechi…

Vous le suivrez alors, au travers de sentes invisibles et secrètes, dans le plus grand silence, vers un univers qui vous bouleversera à jamais. Laissez-le vous guider vers ceux qui peuplent cette fabuleuse contrée sauvage où vous découvrirez alors, le véritable sens de la vie…

Quatre scientifiques européens, guidés par un chercheur indien, vont tenter l'aventure en compagnie de " L'esprit suprême " Je vous invite donc à les accompagner en parcourant mon roman et vous exhorte à la plus grande vigilance… Non, elles ne sont pas une vision imaginaire de mon esprit, mais le reflet d'une réalité qui vous surprendra…

Bon courage et bonne lecture…

Ps : Au fait, êtes-vous à jour de vos vaccinations ?…

L'auteur : Guy Vigneau

 

Premier chapitre : Extrait du livre...

Amalia Gonçalves reposa doucement le combiné sur le meuble acajou et se précipita dehors.
- Luis chéri, on te demande au téléphone… C'est urgent !
Luis Gonçalves accourut, interrogeant son épouse du regard.
- C'est le ministère et ça à l'air très important…
- Allo ? Gonçalves à l'appareil. Mes respectueuses salutations, monsieur le ministre.

Une voix, grave et courtoise, dialogua longuement sans que le scientifique ne l'interrompe. Luis l'écouta très attentivement, puis intervint à son tour.
- Oui, je comprends, monsieur le ministre. Je fais le nécessaire et me mets en route aussitôt. Merci de me confier l'un de vos détachements de la garde forestière. Ne vous inquiétez pas… Je vous tiens au courant, dès que j'ai du nouveau… Mes plus obligeantes civilités, monsieur le ministre.

Luis raccrocha l'appareil, l'air soucieux et dubitatif.
- Que se passe-t-il, mon trésor ?
- Alors ça, c'est la meilleure ! Un grave accident vient de se produire en pleine jungle et c'est moi qui suis obligé de me rendre sur place… Il ne manquait plus que ça !
- En quoi cet incident te concerne-t-il, s'enquit Amalia ?
- Apparemment, deux gardes forestiers seraient tombés dans un gouffre, assez profond, lors d'une prétendue mission classée "secret défense"…

- Je ne vois toujours pas ?
- Moi non plus ! Le ministre de la Recherche a souhaité que ce soit moi, et personne d'autre, qui se rende sur place pour les premières constatations. Le capitaine, responsable du détachement, aurait déclaré deux de ses hommes, morts… Il aurait contacté l'état-major, qui aurait prévenu le ministère, etc. Bref, il semblerait qu'il y ait des phénomènes forts étranges, quelques signes gravés sur des parois rocheuses, sorte de dessins… Enfin, je n'en sais trop rien ! Le ministre, qui a du sang indien comme tu le sais, est resté très vague sur cette affaire, dès plus bizarre… Il attend avec impatience mon avis, avant d'en informer le président…

- Mon pauvre chéri, te voilà investi d'une mission, pour le moins étrange…
- Tu parles d'une affaire, c'est la poisse ! Cela ne m'emballe pas du tout d'aller faire une virée en plein cœur de la forêt amazonienne, qui plus est, dans un secteur inconnu, où personne n'a jamais mis les pieds !
- Bien, je vais aller préparer tes bagages, maugréa-t-elle en soupirant. Je n'aime pas ça du tout, moi…

Amalia sortit alors, laissant son époux en proie à son embarras. Luis passa plusieurs coups de téléphone, puis consulta une carte de la région où il devait se rendre. Il s'empara d'un feutre posé sur son bureau et traça un cercle sur un endroit précis. Il consigna sur un calepin des notes et deux numéros. Ensuite, il quitta la pièce et monta afin d'achever ses préparatifs. La douche le revigora un peu et calma son inquiétude. Plus tard, Luis descendit avec une grande valise, bourrée d'affaires et vint embrasser son épouse. Il était presque neuf heures lorsqu'il s'installa derrière le volant de son nouveau 4x4, flambant neuf.

La jeune femme s'accouda à la portière, les yeux rougis, en suppliant son mari :
- Tu me préviens, via le satellite, dès que tu es sur place ? Surtout, sois très prudent… Je t'aime !
- Moi aussi, je t'aime… Ne sois pas trop inquiète, mon bébé, je ferai très attention. Fais des grosses bises à Perlita, pour moi. Vous allez me manquer…
L'épouse de Luis regarda s'éloigner le 4x4, une boule au creux de l'estomac. Comme un mauvais pressentiment…

Quelque part, au cœur de l'immense forêt amazonienne, à deux mille cinq cents kilomètres, une ombre furtive se faufilait habilement, dans un silence absolu, vers un point d'observation repéré au préalable. Le regard perçant de Panchacua ne quittait plus sa cible. Ses yeux se plissèrent légèrement au moment où le bois de son arc se releva. Il banda son arme avec l'expérience d'une longue habitude, puis décocha son tir. La longue flèche de deux mètres jaillit, avec un sifflement sinistre, et fonça dans l'épaisseur des fourrés...