![]() |
|
Textes
de concours... |
Note
de l'auteur : Les textes exposés, ci-dessous, ont fait l'objet d'un
concours national, dont les contraintes étaient fixées comme suit
: 25000 caractères, au maximum, originalité, excellente composition
française, sans fautes et commencer par : "Lorsqu'elle s'aperçut
de sa maladresse..." (À vos plumes !...) |
Mischa : Lorsqu'elle
s'aperçut de sa maladresse, Mischa poussa un hurlement de frayeur avant
de choir au bas de la scène. Le cri de douleur fut à la hauteur
du désespoir qu'éprouva la merveilleuse ballerine du célèbre
ballet du Kirov. Déjà vingt jours qu'elle répétait
avec le chorégraphe en chef de l'école de Saint-Pétersbourg,
Marius Petipa
Voilà
qu'en quelques secondes les efforts surhumains fournis par l'almée se trouvaient
réduits à néant. Un cauchemar
Le maître se rua,
appelant à la rescousse les musiciens et tous ceux qui pouvaient porter
secours à sa danseuse étoile. Elle
se mit à pleurer à chaudes larmes, comme d'habitude lorsque quelque
chose de grave se produisait, maudissant la faiblesse qui brisait d'un coup ses
rêves de gloire. Mischa était pourtant coutumière d'applaudissements
nourris et de rappels interminables à chaque fin de programme, mais là,
c'en était trop
Un
ballet comme le " Lac des Cygnes " ne s'apprenait pas en un tour de
main et demandait un labeur soutenu. Un travail de longue haleine, imposant de
cruels sacrifices, tant sur le plan de la discipline que sur le plan corporel.
Rien à voir avec de simples galas, d'autant que Mischa devait se produire
devant la Cour Impériale
De quoi faire hurler, l'illustre Piotr Ilitch
Tchaïkovski ? Toute à son désespoir, Mischa sursauta lorsqu'une
main racée se posa sur elle. -
Ne bougez pas ! Laissez-moi examiner votre cheville et voir ce qu'il faut faire
pour soulager la douleur ! Mischa
observa celui qui parlait, avec assurance et faillit se pâmer devant la
beauté de l'individu qui la contemplait. Mischa
ne répondit pas, subjuguée par le charisme de l'homme qui palpait
son pied. Elle fut parcourue de fourmillements intenses et sentit ses joues devenir
bouillantes
Jamais de sa vie elle n'avait éprouvé pareille
chose
-
Ne vous tourmentez plus de la sorte, douce et lumineuse étoile ! Avec ce
massage et ce bandage serré, vous éblouirez leurs majestés.
Cela demandera beaucoup de courage, certes, mais je vous sais à la hauteur.
Et puis, afin de me faire pardonner, me permettrez-vous de vous inviter à
dîner ? Dix jours plus tard, Mischa, plus amoureuse que jamais, reçut de son public émerveillé les lauriers de son triomphe Fin Guy
Vigneau |
| L'anneau
sigillaire : Lorsqu'elle
s'aperçut de sa maladresse, la créature exhala un grommellement
sourd. L'angoisse déforma ses traits, exhibant sur son faciès les
stigmates d'une peur viscérale. Elle contempla, effarée, la cassette
de pierreries dont le contenu épars scintillait de mille feux. Les joyaux
jonchaient les dalles sombres de la chambre des souverains de Dagmoth. Le
souffle court, le nabot se réfugia en hâte vers une tenture de velours
pourpre. De là, Il discerna une agitation provenant du lit à baldaquin,
suite au fracas causé par la chute du coffret. Écartant le rideau,
le gnome distingua une imposante stature, scrutant la pièce. Le
maître des lieux se frotta furieusement les yeux puis, constatant que rien
d'anormal ne se produisait, se recoucha en jurant. Le voleur plaqua convulsivement
une main sur sa bouche, essayant de dissimuler sa respiration. Il le savait, sa
vie ne tenait qu'à un fil, celui de l'épée de Dagmoth
Enfin,
au terme d'une interminable attente, le farfadet sentit sa frayeur baisser d'un
cran. Il osa s'aventurer hors de sa cachette, rassuré par le tempo régulier
des ronflements provenant de la couche royale. Sa hardiesse le poussa jusqu'à
se risquer plus avant, car le temps lui était compté avant la relève
de la garde
Soulagé,
l'horrible nain apparut alors sous la clarté laiteuse de la pleine lune,
inondant l'auguste alcôve. Son regard d'oiseau de proie fouilla avec acuité
le dallage de pierre, à la recherche de son précieux butin. Il finit
par le découvrir, coruscant comme une étoile, tant le diamant qui
le couronnait étincelait. Les doigts crochus se saisirent du fabuleux anneau
et le portèrent jusqu'aux yeux ébahis par tant de splendeur. Peu
après, l'objet de l'audacieux délit se retrouva dissimulé
au creux d'une bourse de cuir. Les
puissances occultes émanant du sceau royal remontaient à la nuit
des temps, transmises au travers des générations, pérennisant
ainsi l'équilibre de la force des terres sacrées. Dragan, redoutable
sorcier, serait fier de son serviteur... Il louerait le hardi complice qu'était
devenu Annickyl, autrefois puissant vassal, du moins, avant son bannissement
Rusé,
connaissant les plus infimes recoins du château, le lutin s'éclipsa
sans bruit. Délaissant la fortune gisant à ses pieds, il franchit
l'appui de la fenêtre du donjon et se laissa glisser à l'extérieur.
Sa corde l'attendait et lui permit de regagner le cul-de-basse-fosse d'où
il s'était hissé. Par les souterrains, le faquin réussit
à traverser les murailles de la forteresse, pour s'évanouir dans
la nuit. Au cur des contrées obscures, Dragan suivait la progression de son âme damnée, révélée par les contours irisés de sa boule de cristal. Plus qu'un kilomètre et il en serait fini de la suprématie de Dagmoth L'anneau de pouvoir changerait de mains, assurant puissance et gloire à son nouveau propriétaire. Pour l'heure, Annickyl le hutin fonçait, malgré ses jambes torses, vers une destinée qui allait détruire le royaume de Dagmoth. Fin Guy
Vigneau |
Noémie
: Lorsqu'elle
s'aperçut de sa maladresse, il était trop tard pour rattraper son
geste. La semaine dernière, déjà, elle avait failli provoquer
une catastrophe, mais là, Noémie n'osait pas imaginer les conséquences
de son inexpérience
Les
yeux écarquillés, Noémie considéra, horrifiée,
la sauce couleur corail s'infiltrant inexorablement entre les lobes soyeux du
décolleté de sa cliente. La préparation du cuisinier en chef
provoqua, chez sa récipiendaire un hurlement strident. L'homme
élégant, assis en face de la beauté platinée, faillit
avaler de travers devant l'ampleur du désastre. Les cris d'orfraie de sa
compagne attirèrent le regard des convives, soulevant un vent de panique
parmi le personnel. L'infortunée
pimpante gémissait, prenant à témoin ses voisins de table
et menaçant des pires foudres l'impudente qui avait osé un tel sacrilège.
Pensez donc ! Une robe de grand couturier, valant une somme astronomique, que
cette péronnelle ne gagnait même pas en une année de travail
Proprement, scandaleux ! Revenue
de sa surprise, Noémie se précipita, serviette chaude en avant,
afin de parer au plus pressé. Dans son désir de bien faire, la malheureuse
renversa la carafe de Château Laffitte, trônant au milieu de la table.
Le précieux nectar essuya de fait un dommageable coup de torchon
Essayant
d'atténuer les marques de son forfait la maladroite étala, plus
que nécessaire, la purée écarlate sur le corsage arrogant
de l'outragée
Ensuite, et afin de témoigner d'une bonne volonté
de circonstance, Noémie s'attaqua derechef à la nappe blanche, soudainement
devenue lie-de-vin
Les larmes succédèrent alors au courroux
de celle qui exhibait de si avantageuses formes. Elles transformèrent son
délicat maquillage en un pitoyable visage. La
direction, soucieuse de préserver la quiétude au sein de son enseigne,
fit évacuer, avec moult courbettes et plates excuses, la piteuse victime
vers les toilettes. Au
moment où Noémie tournait les talons, résignée, elle
entendit un rire de gorge clair résonner derrière elle
Elle
se retourna, exhibant un visage bourru, s'apprêtant à houspiller
l'insolent qui se permettait une telle muflerie, lorsqu'elle comprit sa méprise. -
Comment vous appelez-vous, belle enfant ? Fin Guy
Vigneau |